Le retour de Néanderthal

Dans Le Point (10/11/2010), magazine de droite appartenant à François Pinault, patron de droite, et dirigé par Franz-Olivier Giesbert, guignol de droite (pris en flagrant délit de cabotinage et de mensonge dans le film Fin de concession de Pierre Carles), Claude Allègre, Néanderthalien de droite (jadis grand dégraisseur de mammouth), fait un long et flagorneur éloge du petit président de droite de l’ex-République. Il y soutient, notamment, le passage en force de la loi sur le recul de l’âge de la retraite :

Fallait-il faire cette réforme ? Oui. Fallait-il la faire si vite ? Oui encore, sinon nos caisses de retraites, alors en quasi-faillite, auraient été obligées de baisser les pensions. Les personnes âgées le savent très bien !

Allègre, qui a longtemps prétendu être de gauche, reprend donc à son compte le vocabulaire mensonger de la droite réactionnaire, en appelant « réforme » cette contre-réforme. Il ment également en prétendant que les caisses de retraite sont en « quasi-faillite » et que sans cette contre-réforme, « elles auraient été obligées de baisser les pensions ». Obligées par qui ? Si d’aventure les dépenses devaient être supérieures aux recettes, ce qui n’est pas le cas, l’Etat n’aurait nulle obligation de diminuer les dépenses et aurait en revanche toute autorité pour augmenter lesdites recettes, en allant chercher l’argent là où il se trouve (la taxation des flux financiers est une possibilité parmi d’autres).

Une « personne âgée », à coup sûr, est d’accord avec Claude Allègre : c’est Claude Allègre lui-même, âgé déjà de 73 ans. Quant aux autres « personnes agées », gobent-elles les mensonges de cet homme de Néanderthal ? Rien n’est moins sûr.

Alors que nous allons vers une espérance de vie qui dépassera bientôt 90 ans, peut-on continuer de s’arrêter de travailler à 60 ans ? Le simple bon sens nous dit que ce n’est pas possible.

Est-ce le même « simple bon sens » qui faisait dire en 1976 à Claude Allèqre que la Soufrière allait exploser, contre l’avis du vulcanologue Haroun Tazieff (la région fut évacuée pour rien : c’est bien Tazieff, qui s’était rendu, lui, sur le site, qui avait raison) ?

Est-ce le même « simple bon sens » qui a fait dire pendant des années à Claude Allègre que le réchauffement climatique n’était pas lié au CO2 issu des activités humaines ? Thèse qu’il a fini par abandonner le 28 octobre 2010, après tant d’élucubrations médiatiques sur le sujet, lorsque l’Académie des sciences, dont il est membre, a rendu un rapport affirmant le contraire. Le ridicule ne tue pas, et notre Néanderthalien a donc survécu. Mais il est tout de même étonnant que l’ex-presse donne encore si facilement tribune libre à un tel « expert ».

Est-ce le « simple bon sens » qui faisait dire à Allègre le 21 février 1999 sur TF1 qu’une boule de pétanque et une balle de tennis chutaient à la même vitesse, négligeant dans sa démonstration le paramètre du frottement de l’air, évidemment différent pour chacun des deux objets ?

Est-ce le « simple bon sens » qui poussa Allègre à annoncer en septembre 1997 que le taux d’absentéisme des enseignants était de 12%, ce qui était bien supérieur à la réalité (entre 5 et 8%) ?

Est-ce le « simple bon-sens » qui l’entraîna à dénoncer le désamiantage de la fac de Jussieu le 19 octobre 1996 (déjà dans Le Point) ? Rappelons que l’amiante y a été la cause avérée de 22 morts.

Cut the crap !

Claude Allègre, qui est né en 1937, est un vivant plaidoyer pour la retraite à 60 ans : ce vieux monsieur qui raconte décidément n’importe quoi aurait dû la prendre il y a 13 ans, sa retraite. Par exemple, lorsqu’il dit que nous allons vers une espérance de vie qui dépassera « bientôt » 90 ans, il montre qu’il ne sait plus compter et qu’il prend ses désirs d’immortalité pour la réalité (à moins qu’il ne mente uniquement pour décrocher une récompense de la part de son nouveau maître Sarkozy ?).

En effet, l’espérance de vie en France était de 70,2 ans en 1960, et de 81,5 ans en 2008 (d’après les chiffres de la Banque mondiale), ce qui représente un gain de 11,3 ans en 48 ans. En admettant que l’espérance de vie continue à progresser au même rythme durant les années à venir, l’espérance de vie en France atteindrait donc 90 ans en 2044 ! Est-ce vraiment « bientôt » ?

D’ailleurs, est-il bien raisonnable de miser sur une poursuite sans effet de seuil de l’augmentation de l’espérance de vie tandis qu’on recule l’âge de la retraite, au risque d’accentuer la mortalité de toute une catégorie de la population ? Un ouvrier du bâtiment travaillant toujours à 62 ans, par exemple, a-t-il beaucoup de chances d’être encore vivant le jour de son départ en retraite ? Qu’en dit le « simple bon-sens » ?

Au demeurant, il est spécieux de parler ainsi d’espérance de vie, l’important étant évidemment l’espérance de vie en bonne santé. Selon l’INSEE, elle était de 64,2 ans pour les femmes et de 63,1 ans pour les hommes en 2007, celle des femmes ayant d’ailleurs légèrement baissé entre 2005 et 2007. La contre-réforme nationale-sarkozyste défendue si allègrement par notre si sourcilleux Néanderthalien va donc priver de nombreux Français de la jouissance d’une retraite en bonne santé (surtout ceux d’entre eux qui devront attendre l’âge de 67 ans pour pouvoir prétendre à une pension décente). Qu’en dit le « simple bon sens » ? Une chose est sûre, Claude Allègre, lui, n’a pas trop de souci à se faire pour ses vieux jours. En tant qu’universitaire, directeur de l’Institut de physique du globe de Paris de 1976 à 1986, député européen de 1989 à 1994, conseiller régional du Languedoc-Roussillon en 1992, président du conseil d’administration du Bureau de recherches géologiques et minières de 1992 à 1997 (où son train de vie fit scandale), ministre de l’Education nationale de 1997 à 2000, membre du conseil d’administration du groupe IPSOS en 2002, titulaire de diverses médailles et breloques, auteur de bestsellers de supermarchés… il ne connaîtra jamais le sort de ces millions de Français qui, après une courte vie d’un labeur pénible qu’ils n’ont pas choisi, mourront dans la misère avant même d’être à la retraite. En revanche, il n’a visiblement pas échappé au risque de sénilité et d’incontinence verbale.

Les futurs retraités : exploités comme des prolos, mais exploiteurs comme des bourgeois

Avant la manif du 6 novembre, voici de quoi mieux comprendre les vrais enjeux de la contre-réforme nationale-sarkozyste des retraites, avec quelques morceaux choisis d’un excellent article de Frédéric Lordon en date du 23 octobre dernier.

Lordon démontre de façon implacable que cette contre-réforme a pour objectif de satisfaire « la finance » (et les agences de notation).

Ainsi par un monstrueux dérèglement dont aucun des habituels curés de la « démocratie » ne semble s’être aperçu, nous assistons à cette situation proprement ahurissante dans laquelle un gouvernement prétendument légitime tente de s’adresser simultanément à deux communautés parfaitement hétérogènes et dont les intérêts sont radicalement antagonistes, à savoir la communauté politique nationale des citoyens et la communauté extra-politique (quoique politique elle le soit mais à sa manière bien à elle) et extra-nationale des créanciers internationaux, le comble du dérèglement venant de ce que, de plus en plus, les arbitrages des politiques publiques sont rendus en faveur de la seconde de ces communautés et contre la première.

L’autre objectif réel de cette contre-réforme, que nous avions déjà évoqué ici-même, est d’ouvrir la voie à la capitalisation (par les fonds de pension), qu’on rendra « inévitable » par la prophétie autoréalisatrice de l’effondrement du système par répartition.

Désormais bien établie, la stratégie de la paupérisation préalable et délibérée des services publics (lato sensu) se montre autrement plus efficace puisqu’il n’est en effet pas de plus sûr moyen de jeter les usagers dans les bras des opérateurs privés que d’avoir auparavant méthodiquement dégradé les prestations des opérateurs publics. Après le service de l’emploi, le transport ferroviaire, la poste, bientôt l’éducation et puis la santé, la retraite n’échappe pas à cette unité de vue stratégique. (…) Et en effet : pourquoi risquer de braquer inutilement la population avec des mots qui blessent, comme « capitalisation », quand il est possible tout en jurant la mission de « sauver la répartition », de la faire tomber comme un fruit mûr par de toutes simples mesures d’âge qui instituent la décote comme règle et le taux plein comme exception.

Si les pensions issues de la répartition deviennent trop modestes et trop tardives, les futurs retraités n’auront plus qu’à se tourner vers des retraites complémentaires (pour la plus grande joie du groupe Malakoff-Médéric et de son secrétaire général Guillaume Sarkozy).

Autrement dit :

Organiser délibérément l’attrition de la répartition (sous couleur bien entendu de ne penser qu’à la sauver) pour mieux renvoyer les cotisants vers des formules complémentaires de capitalisation privée, en d’autres termes créer artificiellement le problème (du public) pour mieux y apporter la solution déjà prête (du privé), et par là mettre en place toutes les incitations à une substitution de long terme parfaitement silencieuse mais qui aboutira inexorablement à faire transiter une part croissante du financement des pensions par la sphère des marchés, le tout alors que ladite finance des marchés n’en finit pas de démontrer à grand spectacle l’ampleur des destructions de valeur dont elle est capable, voilà une manœuvre qui en dit assez long sur l’aveuglement idéologique du gouvernement présent, ou bien sur son degré de commission aux intérêts de l’industrie financière.

Lordon expose ensuite la conséquence peut-être la plus funeste de la capitalisation rampante : en tant que futurs retraités pensionnaires, les salariés victimes de la dictature des marchés en deviennent les complices, et même les commanditaires.

Ce printemps n’a-t-il pas vu l’opinion britannique s’insurger des pénalités dont le gouvernement étasunien a menacé BP ? C’est qu’en effet le cumul des amendes anticipées et des coûts de nettoyage du Golfe du Mexique a divisé par deux le cours de l’action BP… à la très grande fureur des retraités anglais loin des flaques de mazout – car BP est un poids lourd de l’indice Footsie et l’un des plus importants supports des pensions britanniques ! Sous le prétexte bien fondé des retraites capitalisées, les entreprises n’ont donc plus guère de mouron à se faire : elles peuvent exploiter tout leur saoul, polluer autant qu’elles veulent et pactiser avec n’importe quelle junte sans plus avoir besoin de payer un rapport de Bernard Kouchner.

Grâce à la boucle perverse de la capitalisation, les victimes deviennent leur propre bourreau. En termes marxistes, cela revient à dire que le prolétaire (le salarié qui ne possède que sa force de travail) deviendra bourgeois dès lors qu’il sera retraité (il touchera une pension en tant que propriétaire des moyens de production, par l’intermédiaire de son fond de pension). Le prolétaire n’est donc qu’un futur bourgeois. S’il défend les intérêts de sa classe (le prolétariat) contre la bourgeoisie rentière, il nuit à ses intérêts de futur retraité (rentier). Le capitalisme financier réussit ainsi à rendre les travailleurs schizophrènes, donc inoffensifs.

Collectivement opprimés à leur frais comme salariés alors qu’ils essayent tous de défendre individuellement leurs intérêts comme pensionnés !

Collectivement impuissants et dociles, les travailleurs deviennent individuellement bourreaux de l’intérêt général et donc, en fin de compte, de leur propre intérêt individuel.

Le pouvoir financier, dont Sarkozy est le dévoué laquais, se pose en « modeste intermédiaire » de ce système dans lequel les travailleurs s’asservissent eux-mêmes. Mais bien évidemment, C’est le modeste intermédiaire qui continue à se goinfrer et qui mène, seul, le jeu. Pour finir, Lordon cite la préface de Gérard Mordillat à une réédition du Capital de Marx :

La France n’a pas besoin de réformes, elle a besoin d’une révolution.

Bibliographie :

Frédéric Lordon, « Le point de fusion des retraites« , La pompe à Phynance, Les blogs du Diplo, 2010.
Karl Marx, Qu’est-ce que le capitalisme. Volume 1 : les mystères de la plus-value, préface de Gérard Mordillat, Demopolis, 2010.

Méluche présiduche

Mélenchon : pas vraiment un nom de vainqueur. Confusion possible pour le public non-averti avec le Jean-Paul Huchon qui a fait du conseil régional d’Ile-de-France son gros polochon.

Ex-trotskard de l’OCI, Jean-Luc Mélenchon a fait carrière au sein du PS, et fut longtemps conseiller général et sénateur, ce qui fait tout de même plus rad-soc de la IIIe République que bolchevik au couteau entre les dents. Et pourtant, il ose, le Jean-Luc : campagne pour le « non » au referendum de 2005, scission avec le PS pour former un nouveau parti, le Parti de Gauche, en 2009 (certes, il ne s’est pas foulé pour le nom, qu’il a piqué au parti allemand Die Linke), attaques gonflées contre la médiocrité journalistique (voir la scène du nouveau film de Pierre Carles, Fin de concession, dans laquelle notre Méluche se paie la tronche de l’inepte David Pujadas)…

Avec le Front de Gauche, il a réalisé l’exploit de vampiriser les dernières forces du cadavérique PC français, se permettant même le luxe de griller la vedette au NPA de Besancenot lors des derniers scrutins (élections européennes et régionales de 2009 et 2010). Déjà vieux routier de la politique, il a su devenir un bon « client » des télés et radios, grâce à ses qualités d’orateur, sans doute, mais peut-être aussi en cultivant un côté grognon qui laisse espérer aux journaleux la petite phrase truculente, la provoc bien sentie, voire le dérapage bien beauf susceptibles de faire grimper l’audience. De quoi donner le frisson à des media qui rêvent sans doute un peu perversement, aussi, de se faire martyriser par le ronchon Mélenchon.

Peut-être grisé par son nouveau statut d’icône populiste auprès des media valets de l’ordre national-sarkozyste, Jean-Luc Mélenchon a sorti en 2010 un de ces bouquins que tout politicien ambitieux se doit d’écrire ou de faire écrire pour alimenter le « buzz » (comme disent les crétins), c’est-à-dire pour exister médiatiquement. Le tribun du Parti de Gauche y prône une « révolution citoyenne ». Aïe ! Accoler deux termes aussi galvaudés, dévoyés, salis, usés, abîmés, vidés que ces deux-là pour former un nouveau slogan politique ne présage rien de folichon, même recyclés par Mélenchon chonchon. Et l’on imagine plus facilement notre Jean-Luc national animer des fins de banquet en Essonne que revêtir les habits d’Evo Morales ou d’Hugo Chavez, dont il se réclame. Du coup, son mouvement apparaîtra certainement plus « citoyen » que « révolutionnaire », ce qui ne serait pas sans rappeler le précédent peu ragoûtant d’un autre ex-socialiste qui avait lui aussi tenté en son temps la scission : cette vieille ganache de Chevènement. Tout ça pour ça ?

Pourtant, force est de constater que cet ouvrage intitulé « Qu’ils s’en aillent tous ! » (mais pour aller où ?) se laisse lire, sa brièveté offrant même la possibilité d’en faire le tour rapidement en quelques séjours prolongés en lieu d’aisance. Et finalement, la lecture en est plutôt revigorante, malgré quelques flonflons de Mélenchon sur la « refondation républicaine » qui colleraient plutôt des boutons à ceux que les ors de la République rendent facilement bougons. Là encore, on serait tenté de dire : « Chevènement, sors de ce corps ! ». Le ressuscité de Belfort, en effet, avait lui aussi naguère fait le coup de la « refondation », fricotant un temps avec des exclus du PC (« refondateurs », eux aussi, naturellement) histoire de se positionner à la gauche du PS. Et lui aussi avait fait du souverainisme anti-européen son fond de commerce.

Mais revenons à notre Méluche. On passera sur son anti-américanisme tout de même pas loin d’être primaire et sur cette incitation ridicule faite aux Français à « être les meilleurs des meilleurs » (et pourquoi pas les meilleurs des meilleurs des meilleurs ?). On sourira de l’idée d’une annexion de la Wallonie par la France (et pourquoi pas le contraire ?). On s’étonnera de la hargne avec laquelle il vitupère contre le petit nombre de députés français au Parlement européen face au nombre de députés allemands (pourtant, ce nombre n’est-il pas proportionnel au nombre d’habitants qui est plus élevé en Allemagne qu’en France ?)…

Mais il faut aussi reconnaître que Mélenchon tape juste sur bien des points et propose des mesures authentiquement de gauche : partage des richesses, développement de coopératives, planification écologique… Il assène aussi des chiffres qui donnent le vertige, notamment lorsqu’il mesure en SMIC les salaires des PDG de multinationales. On apprend ainsi que « Carlos Ghosn, patron de Renault-Nissan, a empoché 770 ans de SMIC cette année soit 9,24 millions d’euros. Il a licencié 6000 personnes depuis 2008. » Ou encore : « Gérard Mestrallet a sûrement dû déplorer à chaudes larmes les 31% de pertes de GDF-Suez. Mais son salaire a quand même été augmenté du même pourcentage ». Si notre Hugo Chavez de l’Essonne ne va pas jusqu’à préconiser explicitement une re-nationalisation de ces entreprises, il propose tout de même de fixer un revenu maximum limité à 20 fois le revenu minimum. Sans être révolutionnaire, l’idée, qui vient des syndicats, est à la fois audacieuse et imparable.

Certes, les alternatifs, communistes, trostkystes, libertaires, et autres habitués de la radicalité révolutionnaire ne se contenteront pas si facilement des gesticulations d’un ancien bureaucrate du PS si rompu aux roueries électorales. Mais face à la chape de plomb qui pèse sur toute tentative d’insurrection, et dans les conditions objectives d’un présidentialisme verrouillé, on se plait à rêver qu’un homme de gauche, fût-il un Mélenchon, soit en mesure de conquérir le pouvoir, et de gouverner à gauche. Contester sans jamais chercher à conquérir le pouvoir ou conquérir le pouvoir par le centre pour finir à droite : tel était l’éternel dilemme de la gauche. Or le PG, renforcé par le Front de gauche et dirigé par un Mélenchon devenu charismatique, pourrait forcer le PS à lorgner sur sa gauche, voire, à terme, le déborder électoralement. Cut the crap ? Hmm… il n’est pas interdit de rêver.

Bibliographie :

Jean-Luc Mélenchon, Qu’ils s’en aillent tous !, Flammarion, 2010Qu'ils s'en aillent tous !

Cut The Crap

Arrêtons les conneries ! Cut the crap !

National-sarkozysme, Etat policier, confiscation du pouvoir, népotisme, corruption, dictature économique, soumission sociale, renforcement des inégalités, perpétuation des injustices, phallocratie, destruction de l’environnement, abêtissement de la population, laideur bling bling, isolement des individus, résignation, impuissance des peuples… autant de fléaux que le « Spectacle », « l’Empire », autrement dit, tout bonnement, le capitalisme moderne, masque sous le pauvre charabia d’une novlangue qui n’a rien à envier au cauchemar de George Orwell. Plus que jamais, la « Lingua Quintae Respublicae » dénoncée par Eric Hazan est l’outil du mensonge et de la guerre que les capitalistes et les gouvernements à leur solde mènent contre les acquis sociaux et contre toute forme d’émancipation du peuple.

Nous essaierons sur ce blog de participer à la démystification qui s’impose. Dans la guerre en cours, nous avons évidemment choisi notre camp.

Bibliographie :

Guy Debord, La Société du Spectacle, 1967, et Commentaires sur la Société du Spectacle, 1988
George Orwell, 1984, 1948
Toni Negri et Michael Hardt, Empire, Exils, 2000
Jean Ziegler, L’empire de la honte, Fayard, 2005
Eric Hazan, LQR, La propagande du Quotidien, Raisons d’agir, 2006
Tiqqun, Contributions à la guerre en cours, La Fabrique, 2009
css.php